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Si tous les enfants connaissaient leurs droits

Le 20 novembre avait lieu la journée internationale des droits de l'enfant. Et sur le coup, je me suis fait la réflexion que je n'en avais jamais parlé à mon aînée. Du haut de ses 9 ans, savait-elle seulement qu'elle avait des droits? J'ai choisi de chambouler un peu mon programme d'ateliers pour proposer un Moment Magique sur ce thème auprès des 6-12 ans.

 

 

Il n'y a pas de mots pour décrire la puissance de ce moment partagé. En un an d'ateliers, je crois que c'est celui qui m'a le plus touchée, celui qui a soulevé le plus de questionnements, de réflexions, d'empathie de la part des enfants.

 

Nous avons passé presque une demie-heure à échanger autour des droits de l'enfant dans un cercle de parole aux allures de débat philosophique, à partir de cette vidéo là :

 

http://education.francetv.fr/matiere/actualite/cm1/video/c-est-quoi-les-droits-de-l-enfant

 

Très rapidement, sans influence aucune de ma part, ils ont fait le lien avec les fessées, les punitions, les privations, les humiliations de la part des enfants plus grands aussi. Ils ont manifesté leur incompréhension du comportement des adultes, des cris, du fait que parfois dans notre colère d'adulte on peut les blesser. Ils ne comprennent pas les inégalités dans le monde, pourquoi eux peuvent manger à leur faim, tandis que d'autres enfants ne le peuvent pas. Ils ne comprennent pas la guerre non plus.

 

Ces enfants que j'ai accompagnés ont de 7 à 9 ans. Ils ne savaient pas qu'ils avaient des droits. Ils reconnaissent qu'ils ont de la chance d'avoir des familles qui les aident à faire valoir ces droits, à les protéger du mieux possible, à les accompagner dans la bienveillance la plus juste. Et leurs coeurs pleurent de savoir que d'autres enfants n'ont pas cette chance, que d'autres enfants ne mangent pas à leur faim, que d'autres enfants subissent la violence physique.

 

Je leur ai expliqué qu'en tant que parents, en tant qu'adultes, nous faisions de notre mieux. Qu'ils ont raison de dire que c'est injuste que notre colère s'abatte sur eux, et que nous devrions prendre soin de nous en amont, que c'est notre responsabilité de gérer notre colère (et tous nos soucis) plutôt que de la laisser se déverser sur eux. Je leur ai expliqué que certains parents se privaient de manger pour pouvoir nourrir leur enfant, et pas seulement en Afrique. Je leur ai surtout dit qu'il n'y a pas d'école de parents, et qu'on fait comme on peut avec les moyens du bord. Pas toujours optimisés donc.

 

Je peux vous dire que je me suis vraiment sentie dans mes petits souliers pendant ce moment d'échange. Parce qu'en tant qu'adulte, je ne suis pas très fière de représenter ce monde là, ce monde qui questionne tant les enfants. J'en ai encore les larmes aux yeux de l'écrire...

Nos enfants demeureront nos maîtres dans bien des domaines pour encore longtemps.

Si tous les enfants connaissaient leurs droits, nous, les adultes, serions obligés de prendre nos responsabilités quant à nos comportements.

Si tous les enfants connaissaient leurs droits, nous, les adultes ne pourrions plus profiter de leur ignorance pour leur faire accepter l'inacceptable.

Si tous les enfants connaissaient leurs droits, ils seraient capables de s'unir pour faire face à la violence dont ils sont trop souvent victimes, pour faire face aux injustices dont ils sont témoins.

Si tous les enfants connaissaient leurs droits, une loi contre la fessée serait une évidence.

Si tous les enfants connaissaient leurs droits, ils aideraient à faire basculer le monde dans plus d'amour, de solidarité, de respect et de partage.

 

Je ne dis pas que notre travail de parent ou d'éducateur serait plus simple. Le challenge de l'accompagnement des enfants demeurerait tout aussi ardu. Mais j'ai l'espoir qu'on apprendrait bien plus tôt à tous les adultes comment communiquer avec leur enfant – et avec d'autres adultes, comment rester dans la bienveillance, comment un enfant se construit. J'ai l'espoir que tous les adultes se donneraient la main pour un monde du mieux, de la tolérance, du partage et de l'empathie. J'ai l'espoir qu'il y aurait un mouvement massif en faveur des enfants, de leur respect, de la reconnaissance de leurs droits.

 

 

Si tous les enfants connaissaient leurs droits, le monde serait différent...

 

 

 

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