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Retour sur notre conseil de famille!

Depuis que j'ai lu les excellents ouvrages de Thomas Gordon sur la méthode sans perdant et la gestion des conflits, je rêvais de mettre en place des conseils de famille à la maison. Et comme bien souvent, les cordonniers étant les plus mal chaussés, il a fallu une éternité pour qu'on essaie, et un bon paquet d'excuses plus ou moins recevables : les enfants sont trop petits, on n'a pas le temps, on a rien à discuter, les enfants n'auront pas d'idées et forcément ça sera les parents qui proposeront des choses etc.

Bref. Hier, on a tenté le coup, et c'était juste BLUFFANT. Participation, attention, propositions croisées, consensus, négociations, tous les ingrédients étaient là, y compris pour mon petit loup de 4 ans. Incroyable!!

Je vous partage donc notre manière de faire. Peut-être que ça vous inspirera pour tenter le coup chez vous!

 

 

 

Règles de parole

On procède comme une "vraie" réunion : ouverture/clôture de séance, secrétaire et bâton de parole.

La parole est respectueuse et bienveillante (pas de lynchage ni agressivité).

 

Principes de base

Les parents veillent à reformuler ce qui est dit, et accompagnent les enfants dans l'identification de leurs émotions et leurs besoins.

La volonté de consensus et de coopération doit être unilatérale. Les enfants comme les parents doivent jouer le jeu de la coopération et de la démocratie : il est hors de question d'imposer des choses dans un conseil de famille (sinon c'est un putsch!).

Les parents doivent être vigilants quant à ce qu'ils sont prêts à négocier authentiquement ou pas. Si par exemple je veux que mes enfants débarrassent la table à la fin du petit dej et que c'est non-négociable pour moi, je l'expose comme tel et je n'en parle pas en conseil de familles. C'est une nouvelle règle de vie commune, non-discutable. Par contre, si ma démarche est "j'ai besoin d'aide de votre part pour les tâches quotidiennes, j'aimerais qu'on en discute", alors là ça marche :-)

 

L'ordre du jour

Pour cette première, on a commencé par un tour de table où chacun a pu dire les sujets qu'il souhaitait aborder. D'une fois sur l'autre, nous mettons en place une boite dans laquelle glisser nos humeurs et nos soucis à traiter la fois suivante. Les sujets individuels, de même que les sujets de couple, sont traités en dehors du conseil de famille. On fait un balayage ensemble en début de réunion pour vérifier ce qui est traité en collectif ou non, et on garde de côté ce qui doit être discuté en tête à tête pour ne rien oublier!

L'idée ici est de limiter le temps de discussion, surtout avec des enfants jeunes. Notre conseil a duré 45 minutes hier soir, c'était un grand maximum pour notre 4 ans (notre 9 ans aurait pu continuer encore longtemps par contre!).

 

Exploration des solutions

Pour chaque problématique, nous avons cherché les besoins cachés, ce qui permettait d'identifier plus facilement les stratégies à mettre en place. Les solutions sont explorées en mode brainstorming : chacun peut proposer autant de solutions qu'il le souhaite, des plus farfelues aux plus réalistes. C'est par la pensée divergente que les solutions les plus appropriées font généralement surface, car elles sont décalées, originales, et souvent amusantes (et forcément, ça plaît aux enfants!). Par exemple hier soir, nous avons choisi de créer une playlist rangement de la maison qui commencerait par "Range ta piaule" d'Aldebert, tout un programme!

Les solutions sont consignées dans le journal de conseil. Elles seront testées d'ici la prochaine séance et seront réévaluées à ce moment là : maintenues, modifiées ou supprimées.

 

L'importance du processus

Exemple concret d'hier soir
Problème soumis par les enfants : on se crie dessus dans la voiture après l'école, c'est la bagarre et on arrive pas à s'arrêter

Nous les aidons à identifier le pourquoi => ils prennent conscience qu'ils sont fatigués et énervés par leur journée d'école et le verbalisent.
Quels seraient leurs besoins : ils aimeraient un câlin et des bisous avant de rentrer à la maison, de prendre plus de temps avant de monter dans la voiture.

Solution proposée : ils prennent leur temps avec leur papa avant de rentrer, et ce sont eux qui disent quand c'est le bon moment pour monter dans la voiture.

 

Vous me direz, rien d'exceptionnel là-dedans, c'est une évidence que les enfants déchargent après la classe, que les frères et sœurs sont des paratonnerres etc. Clairement, les parents peuvent arriver à la solution, seuls, sans passer par tout ce processus.

Les effets auraient-ils été les mêmes? Je ne crois pas...

De manière assez évidente, le fait de mettre des mots sur leurs difficultés permet aux enfants de prendre du recul. Ils comprennent ce qui se passe pour eux à froid, à distance des situations difficiles. Ils peuvent alors parler de leurs ressentis sans se crêper le chignon, ce qui permet de reconnaître les difficultés de l'autre. Ça ne sera pas magique évidemment, mais c'est déjà une prise de conscience sur soi et sur les relations interpersonnelles. C'était flagrant hier!

Qui plus est, le fait que les enfants participent à la recherche de solution les rend actifs : ils seront donc beaucoup plus enclins à mettre la solution en œuvre que si elle leur avait été parachutée par nous, les parents. Ils comprennent le pourquoi parce qu'ils ont participé à l'élaboration du processus.

 

Alors, ça vous tente???

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